Seliia
Le journal

140 phrases d'étudiants, relues une par une

Un assistant qui répond bien neuf fois sur dix se trompe une fois sur dix. Sur une semaine de cours, ça fait beaucoup. Voilà comment on vérifie.

Les 140 phrases, rangées en 14 familles. En face de chacune, le geste attendu.
Les 140 phrases, rangées en 14 familles. En face de chacune, le geste attendu.

Un assistant qui répond correctement neuf fois sur dix se trompe une fois sur dix. Sur une semaine de cours, ça fait plusieurs rendez-vous posés au mauvais endroit et un partiel oublié. « Ça a l'air de marcher » n'est pas un critère.

Alors le 22 août, on a fait la chose lente. On a écrit 140 phrases d'étudiants, rangées en 14 familles, et pour chacune on a écrit à la main ce que Seli devait faire. Pas ce qu'elle faisait : ce qu'elle devait faire.

Un fichier qui fait autorité

Les phrases vont du banal à l'informe. « J'ai un TD de stats à finir pour jeudi ». « Je bosse en alternance tous les lundis et mardis ». « Demain je suis pas dispo avant 16h ». Et une famille entière de messages elliptiques, du genre qu'on s'envoie vraiment, sans verbe et sans majuscule.

En face, un verdict. Pour « je dois lire trois chapitres avant lundi » : une échéance le lundi matin, plus trois séances de travail, une par chapitre. Pas deux, pas une séance fourre-tout.

Ce fichier est devenu la source de vérité du comportement de Seli. Quand un doute arrive sur ce qu'elle doit faire d'un message, la réponse est dedans, pas dans l'intuition de celui qui code ce jour-là. C'est bête et c'est ce qui nous a le plus servi.

Cinq trous, trouvés en relisant

Une fois les 140 verdicts écrits, on les a relus contre le code réel, un par un. Cinq ne passaient pas. Trois valent d'être racontés.

Rééquilibrer un jour ne sert à rien

Seli savait alléger une journée trop chargée. Sauf qu'étaler le lundi pendant que le mardi déborde ne règle rien : ça déplace le problème de vingt-quatre heures. Il a fallu lui apprendre à reprendre les sept jours d'un coup, chaque tâche restant dans sa journée, et surtout à le faire en un seul geste annulable. Sinon « annule » te laisse avec une semaine à moitié remise, ce qui est pire que le désordre de départ.

Une semaine sur deux revenait toutes les semaines

« J'ai chorale une semaine sur deux ». Le code acceptait la phrase, enregistrait la récurrence, et la ramenait discrètement à toutes les semaines. Personne ne l'aurait vu en testant à la main un mardi. C'est la relecture ligne à ligne qui l'a sorti.

Seli était une messagère, pas une assistante

« On a tous le même rendu le 5 » : elle prévenait les trente personnes de la classe, correctement, et ne posait rien dans la semaine de celui qui venait de parler. Il rendait service à sa promo et repartait les mains vides. Maintenant l'échéance se pose aussi chez lui, sans doublon s'il l'avait déjà.

Ce qu'on peut vérifier sans le modèle

Une partie de ce que fait Seli ne dépend pas du modèle de langage : une fois la décision prise, poser la tâche, décaler la journée, retirer une routine, tout cela est du code ordinaire qui doit donner le même résultat à chaque fois. C'est notre principe de base : le modèle propose, le code dispose.

Cette partie-là, on la teste de façon déterministe. 37 séries, 630 vérifications sur 630 au vert. Ce n'est pas une note sur l'intelligence de Seli. C'est la garantie que ce qui est décidé est exécuté correctement, et c'est la seule moitié du problème qu'on sait prouver.

Ce qui n'est toujours pas réglé

Les 140 verdicts ont fait apparaître dix manques dans le produit. Neuf sont comblés. Le dixième l'est à moitié, et autant le dire ici.

Quand tu dis « j'arrête la guitare », Seli retire bien le cours hebdomadaire. Mais les séances déjà posées dans les semaines à venir, elles, restent. Aujourd'hui seule une consigne de conduite lui demande d'aller les chercher, et une consigne n'est pas une garantie. Tant que ce n'est pas dans le code, on considère que ce n'est pas fait.


Le fichier des 140 continue de grossir. Si une phrase que tu dirais vraiment n'y est pas, elle nous intéresse plus qu'un compliment.

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